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Makaibari, la perle de Darjeeling PDF Imprimer E-mail

Makaibari, la perle de Darjeeling
François Dufort, directeur des achats en tournée.

La petite ville est perchée sur un sommet de l’Himalaya, au nord-est de l’Inde. La région, plus tempérée que la plaine indienne plus au sud, est baignée de brumes et de pluies fréquentes et bénéficie d’un été frais et d’une saison de dormance durant les mois d’hiver. D’abord le refuge des fonctionnaires britanniques de Calcutta qui fuyaient l’été chaud et humide de la capitale, la région s’est imposée au 19e siècle comme un lieu idéal pour la production du thé noir dont ils étaient si friands. Les Anglais ont quitté l’endroit depuis longtemps, mais les théiers sont restés.

La réputation du thé de Darjeeling, considéré comme le champagne des thés, n’est plus à faire. Les jardins de thé occupent maintenant tout le territoire et leurs dirigeants ont développé une expertise unique. Les méthodes de culture et de fabrication se sont raffinées et les théiers y bénéficient d’un terroir idéal pour la production des grands thés. Makaibari est un des 80 jardins de thé de la région de Darjeeling. D’abord un jardin conventionnel, Makaibari a entamé le processus de conversion vers l’agriculture biologique dès le milieu des années 1980 et fut l’un des premiers jardins certifié biologique.  Le jardin est aussi certifié par FLO, l’organisme international de certification équitable reconnu par Transfair Canada.

Makaibari possède un gestionnaire unique, Rajah Barnerjee, qui est à la fois propriétaire, gérant père spirituel et grand maître d’œuvre de ce jardin intégré. Dès son arrivée à la direction de Makaibari en 1970, il commence à intégrer à la production conventionnelle des pratiques écologiques et développe une vision d’avenir. Rapidement il entraîne la communauté de Makaibari dans une aventure unique de développement, pour réaliser une intégration et une cohabitation des théiers, arbres, arbustes, forêt, oiseaux, insectes et habitants. Il a souhaité un jardin où les travailleurs vivraient convenablement, les enfants grandiraient en santé et recevraient une éducation adéquate.

Comme les villageois vivent au cœur de la plantation, il fallait donc bannir l’utilisation de pesticides et d’engrais, qui polluaient l’environnement de vie. La transition fut difficile. Les théiers ont d’abord dépéri, cherchant un nouvel équilibre pour leur croissance et la lutte contre les maladies. Les rendements étaient réduits, les glissements de terrain liés à la déforestation aggravant les pertes, les jardiniers durent devenir chercheurs pour réinventer la culture du thé. Rajah ne se laissera pas décourager par ses collègues et voisins pessimistes; il plante des arbres, étend du paillis, fabrique du compost, se met à l’agriculture biodynamique, composte les feuilles tombées, nourrit le sol et favorise sa vie microbienne. Il sème du gotu kola entre les théiers, cultive le bambou pour composter ses feuilles et employer son bois. Les insectes reviennent créer un équilibre naturel, sont mangés par les araignées, qui nourrissent les oiseaux, qui mangeront à leur tour les insectes nuisibles. Après quelques années de travail acharné, le vent a tranquillement tourné en sa faveur et la production est revenue, pour ensuite dépasser la moyenne. Et la qualité a suivi, apportant avec elle une série de reconnaissances, de distinctions, d’honneurs et de prix d’excellence. La saine prospérité était enfin arrivée.