| Du jardin à l'officine, la fabrication d'un extrait |
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JPAGE_CURRENT_OF_TOTAL La fondation de l’herboristerie traditionnelle réside dans ses procédés simples, ses méthodes et opérations manuelles de sélection, récolte et conditionnement des plantes. La Clef des Champs a démarré comme une toute petite herboristerie et durant plus de quinze ans toutes les opérations reposaient sur les épaules d’une seule herboriste, aidée de ses amis, ses enfants et ensuite de quelques collègues herboristes. Cependant, alors que les extraits de plantes devenaient populaires et que la demande croissait de façon exponentielle, les défis reliés devenaient de plus en plus criants. Notre travail des dix dernières années a
donc été de suivre l’importante croissance que nos ventes commandaient tout en développant des manières de faire qui respectaient totalement l’essence de notre travail d’herboriste. ![]() Notre première contrainte est de travailler en relation étroite avec la nature et les éléments. Aucune technologie, aucune installation et nulle machinerie d’avant-garde ne nous permettra de contourner les rythmes que nous impose le temps. Pluie, neige, froid, ensoleillement, humidité, pression atmosphérique, vent, giboulées d’automne et averses d’été sont sans cesse là pour nous mettre au défi. Notre climat est difficile et nous devons travailler dans les limites qu’il nous impose. Dans ce domaine, seul l’esprit sportif, la polyvalence, le travail d’équipe et la fusion avec les éléments permettent de prévenir les conséquences de la tempête, de l’orage, du gel ou d’une rare vague de chaleur sèche.
Notre première stratégie a été de choisir des plantes qui aimaient notre rude climat, de bonifier la structure de notre sol et d’user avec générosité de toutes les stratégies possibles (paillis, taille, cultures compagnes, couches chaudes, mini serres en champs, etc.). Et lorsque nos plantes profitent malgré les conditions difficiles, nous savons que leurs principes actifs n’en seront que plus abondants. La lutte est quotidienne et le défi est grand, mais les plantes nous rendent bien l’effort déployé par notre ingénieuse équipe jardin. Nous continuons à produire de très grandes quantités de plantes fraîches de nos jardins, récoltées, triées, nettoyées et extraites le jour même. Nos coeurs d’herboristes sont heureux.
Début mars, notre été débute dans la serre entourée de neige. Le soleil de l’équinoxe réveille nos semences soigneusement récoltées à la saison précédente. Nous cultivons certaines de nos espèces depuis plus de 25 ans et sélectionnons chaque année des semences bien adaptées à nos conditions de culture. Comme toutes nos opérations, la culture en serre est faite en régie biologique, dans un terreau maison, suivant le calendrier biodynamique et comporte un minimum d’opérations et d’irrigation. Dès le solstice d’été, les plantules auront atteint une belle maturité et seront transplantés au jardin pour débuter une course folle pour atteindre leur maturité avant la fin de notre très court été.
![]() Livrées aux éléments, à flanc de montagne, adossées aux parois rocheuses de nos jardins en terrasse, les plantes prennent racine, se fortifient, se développent et font le plein de principes actifs et nutritifs. Tout comme à la serre, la culture est sous régie bio et bonifiée de purins de plantes, de compost maison, de paillis et d’un soigneux travail du sol par nos horticulteurs. Nous récupérons l’eau de pluie de la montagne pour irriguer en cas de sécheresse, nous travaillons la structure du sol et le drainage pour combattre la pourriture en cas d’été pluvieux, nous surveillons attentivement pestes et maladies afin de prévenir leur développement. La saison des récoltes commence dès le printemps. À la fonte des neiges, on récolte les racines de savoyane et la valse ne s’arrêtera pas avant l’arrivée de l’hiver. Se succéderont ainsi les feuilles de jeune ortie, de framboisier, la prèle printanière, les fleurs de millepertuis, achillée, alchémille, arnica, calendule, trèfle, etc. Suivent ensuite les feuillages frais de mélisse, scutellaire et autres lamiacées et le bal se terminera avec les racines, récoltées avant la neige de l’automne. Suivant les mouvements des astres, inscrits au calendrier biodynamique, et les éléments climatiques visibles à l’oeil nu, nous surveillons la maturation des plantes et attendons que les conditions soient optimales pour intervenir. Les savoirs traditionnels nous guident et le défi est continuel. Sitôt cueillies, nous acheminons nos précieuses alliées vertes dans la salle d’extraction, pour ne pas perdre une goutte de leur précieuse vibrance.
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